jeudi 25 décembre 2008

25 décembre 2008

Bonjour bonjour!!

Un très JOYEUX NOEL à tous et à chacun !

Ici tout va bien mais comme j'ai une nouvelle visite et que nous allons voyager, je ne pourrai pas venir vous raconter la suite des aventures avant le 5-6 janvier. Je vous donne donc rendez-vous l'année prochaine, en 2009, pour la suite des articles, au programme : Noël, la réserve de Kompienga et le Sahel!

BONNE ANNEE !!!

samedi 13 décembre 2008

Brève 3 (13/12/08)

Je ne vous ai pas encore parlé d’un truc assez comique, le statut du rot ici. Je sens les oreilles masculines qui s’intéressent soudain… En fait, il arrive souvent que vous soyez en pleine conversation et au milieu de sa phrase, votre interlocuteur éructe soudain, parfois bruyamment, mais sans aucun complexe ni aucun excuse polie (à la manière de nos petites politesses françaises). Bref, c’est du plus naturel, mais il est difficile pour nous de ne pas éclater de rire tellement cela détonne avec nos habitudes !

Brève 2 (13/12/08)

J’ai vu un truc incroyable : un bus qui transportait des passagers (bon, ça il y en a plein ici !) rouge et blanc avec l’inscription TAG (= transport de l’agglomération grenobloise !!). C’est exactement le type de bus que je prenais quand j’allais au collège, les anciens bus de notre réseau ! Un exemple de recyclage à l’européenne ?

Brève 1 (13/12/08)

J’ai retiré mes tresses. Eh oui, déjà ! J’ai attrapé de petits boutons qui démangeaient et j’avais le crâne tout sec, ce qui fait que je me grattais tout le temps. Donc, j’ai préféré enlever tout ça histoire de ne pas trop endommager mon fragile petit cuir chevelu et ne pas perdre trop de cheveux… Il paraît que cela arrive souvent aux blancs de toute façon. Enfin, j’ai eu droit a une belle tête pendant une semaine et une autre toute différente encore une journée. A présent, c’est retour à la normale.

12 décembre 2008

Hier, 11 décembre, c’était la fête nationale tant attendue et pour laquelle Fada se préparait depuis un bon moment. C’est la première fois que cette fête est délocalisée en région (imaginez un 14 juillet à Lyon, Bordeaux ou Grenoble). De nombreuses nouveautés ont fait leur apparition dans la ville : certaines routes ont été goudronnées, on a installé quelques feux tricolores (au début même les piétons s’arrêtaient), des logements ont été construits (65 villas de luxe par exemple, que personne ne peut se payer), l’eau courante a été conduite dans certains quartiers (jusqu’au bureau régional du ministère des finances en particulier), des bâtiments ont été repeints… Depuis une semaine, la préparation s’est intensifiée avec la mise en couture des uniformes pour ceux qui allaient défiler, des animations dans toute la ville faites notamment par les opérateurs de téléphonie mobile, la réquisition des écoles pour loger les défilants et les invités, des essais d’aviation… Ces derniers attiraient beaucoup la curiosité des enfants qui ne voient que très rarement des avions ou des hélicoptères. Malheureusement, le 10 décembre, deux pilotes (apparemment l’un était le seul commandant de l’armée de l’air burkinabé) se sont écrasés à la fin d’un essai, ce qui nous a valu un jour de deuil national et la suppression des animations ce jour-là.

Sinon, nous avons pu assister au défilé. Il y avait pas mal de monde et il était impossible d’approcher de la tribune mais nous avons tout de même pu observer les trois heures de cortège (dont une bonne partie au soleil). Le résultat était très correct après une semaine de répétition pour tous les participants afin d’apprendre le pas sous la direction des militaires. C’était super car, ici, ils ne font pas défiler que l’armée mais toutes les structures représentatives de l’état. Nous avons ainsi vu passer la filière laitière ou de la viande, les pépiniéristes, les écoles de Fada, une délégation de chaque région, une autre pour chaque ministère, l’entreprise nationale d’électricité, la brigade phyto (lutte contre les insectes), les militaires (si, si, quand même), les enfants de l’école militaire (la relève est assurée, c’est impressionnant),quelques animaux en cage (capturés les jours d’avant dans la brousse et dans de toutes petites cages), une délégation représentative des étrangers (là américaine et assez ridicule, qui a fait rire la foule : les seuls à ne pas être au pas et à faire des petits coucous de la main…)… et même Monsieur le Président au moment de son départ (il s’est montré hors de la voiture ce qui a étonné et ravi tout le monde, je pense).

mardi 9 décembre 2008

8 décembre 2008 (3/3)

L’après-midi, c’était visite en brousse. Un jeune que Florisse a rencontré au marché, Djadiari, nous a proposé de nous emmener voir sa famille dans un village à 5 km de Fada. Nous sommes donc partis à vélo tous les trois. Après une belle balade dans les petits chemins rouges de brousse nous sommes arrivés à Outandeni (il n’y a pas de panneau d’entrée, ne rêvez pas !). Là-bas, nous avons été accueillis par sa famille et nous avons visité la maison (quelques cases autour d’un fourneau entourées d’un mur). Ils nous ont aussi expliqué comment se passent les récoltes. Sur la photo de droite, ce sont deux greniers à grains en terre, plus durables qu’en seccos, et dans lesquels ils stockent les récoltes. C’était une après-midi très agréable, loin de l’agitation de la ville, dans la nature et la simplicité. Evidemment, ces gens ne sont pas bien riches, ni eau, ni électricité et l’action sociale pour payer les fournitures scolaires des enfants, mais ils étaient ravis de nous recevoir. Ils voulaient faire tout un tas de photos en prenant la pose devant la maison, devant le feu... Et puis il a aussi fallu aller voir la tante et les vieilles (« les grands-mères ») pour les saluer… D’ailleurs avant de partir de Fada, nous sommes aussi aller saluer l’oncle et le tuteur de Djadiari (le tuteur est la personne chez qui il loge à Fada la semaine pour pouvoir aller en cours). A Outandeni, avant de partir, la tante nous a offert un grand sac d’arachides, du coup, le père nous a donné encore plus d’arachides plus un balai en herbes, donc la tante a rajouté elle aussi un balai !
Sur la dernière photo, c’est moi et les enfants qui nous ont suivis tout le long de notre visite. Nous étions l’attraction de la journée car ils ne vont pas souvent en ville et ne croisent pas souvent des blancs. C’était amusant cette file indienne qui se tenait tout de même à distance raisonnable aux arrêts, des fois que je les mange !

PS pour Mamine : j'ai bien reçu le Xmas, merci,

PS pour Bonpap' : oui, les congés permettent de passer au cyber à d'autres moments, d'où l'irrégularité de l'information!

8 décembre 2008 (2/3)

Je vous donne quelques explications supplémentaires sur notre journée de samedi. D’abord le changement des seccos, c’est le même problème qu’avec notre mur, personne n’a le budget pour ni ne se souciait de leur état, comment dire … complètement pourri ? Alors avec David, notre cuisinier, et un jeune garçon, Zacharia, nous avons pris notre courage à deux mains et changé tout cela. Il a fallu premièrement débarrasser les vieux seccos qui tombaient en poussière (et on en a mangé de la poussière !) puis remettre les autres (ce sont comme de gros ballots de paille à dérouler). Nous avons bouclé le tout en deux heures et nous étions fiers de notre travail ! Je vous laisse admirer les photos avant, pendant et après.

le 8 décembre 2008 (1/3)

Salut tous !
Voici les dernières nouvelles de Fada ! Comme ce sont les congés, il se passe plein de choses. Ce samedi en particulier a été bien rempli avec le changement des seccos du toit de la terrasse et une visite en brousse. Nous avons fini crevées car, en plus, vendredi soir nous avions envie de nous défouler et nous avons fait de la gym pendant ¾ d’heure, ce que nous avons recommencé le lendemain matin (eh oui, nous avons mis en place un petit cours de sport entre blanches chez Pascaline le samedi matin histoire de ne pas trop s’empâter et de dépenser l’énergie emmagasinée durant nos chaude journées). Donc, dimanche matin, courbatures et raideurs étaient au rendez-vous. Il nous fallait aller au marché au bétail à vélo puis au marché central, à l’autre bout, puis à la foire ouverte pour le 11 décembre (dans laquelle nous n’avons rien vu pour le moment d’ailleurs). Bref, ce matin lundi, c’était grasse mat’ obligatoire, et miracle, pour la première fois, nous avons dormi jusqu’à 8h15, c’est un record ! Parce qu’avec les ânes, les coq, les chèvres, les enfants, les tam-tam… ce n’est pas évident de dormir après 7h !
Et aujourd’hui, nous avions une visite rapide mais fort appréciée d’un couple français de Fondacio qui reprend le flambeau de la gestion des finances internationales de l’association et qui commence par faire le tour des projets en Afrique sur le terrain. C’est une démarche intelligente car entre les informations que reçoit la France et ce qui se passe ici, il y a parfois plus qu’un fossé… Nous mêmes nous avons pu exposer notre situation, les points forts et les points faibles de l’accueil des volontaires et des déroulements des missions. C’était assez agréable d’avoir enfin un contact avec Fondacio France et une oreille qui a semblé vraiment à l’écoute, prête à agir.
Sinon, hier soir nous avons eu notre première réunion de volontaires, enfin ! direz-vous, après deux mois et demi sur place (nous nous sommes dit pareil et c’est à notre demande qu’elle a eu lieu de toute façon). Ainsi, nous avons pu leur faire comprendre ce que nous attendions du responsable des volontaires et quelle importance cela avait d’encadrer correctement chacun, d’en suivre le parcours et d’établir une relation de confiance. Je ne me suis pas étalée sur le sujet jusqu’à présent mais il est vrai que l’accueil de Fondacio ici n’a pas été des plus encadrant. En fait, nous n’avons quasiment vu que le responsable, Ludovic, (et seulement deux fois à notre demande) et c’est tout. Personne ne prend régulièrement et précisément de nos nouvelles ni ne passe nous dire bonjour (excepté Sylvain, mon « chef » qui est super)! Du coup, nous avons évoqué ce problème avec Ludovic car il n’est pas normal que les volontaires soient laissés à eux-mêmes à ce point sans suivi. Enfin, à présent les choses vont commencer à bouger dans le bon sens. Ouf !

vendredi 5 décembre 2008

5 décembre (3/3)

Dimanche dernier, nous avons vécu une journée toute musicale et étonnante. En début d’après-midi, nous étions invitées par Claude à une répétition de djumbé (prononcez « yumbé » svp) et de danse traditionnelle avec ses amis. C’est lui sur la photo. Ca a été un moment très agréable, au milieu des musiciens, à regarder les danseuses avec tout un tas d’autres curieux. Nous étions vraiment au milieu des gens dans leurs activités… L’ensemble djumbé plus tam-tam crée un rythme vraiment entraînant voire endiablé, l’un fait le rythme de base et l’autre « parle ». Il y a quelque chose de sauvage dans ces musiques et ils sont tous vraiment à fond, excités pendant qu’ils jouent. On voit qu’ils y prennent un réel plaisir et c’est contagieux.
Ce qui nous a un peu fait bizarre dans cette journée c’est que le soir, nous avons été invitées par Arouna, qui fait aussi de la danse et de la musique traditionnelle mais professionnellement, à une représentation pour des français qui terminaient un séjour dans le coin. L’ambiance était très différente. Nous avons préalablement eu droit à un petit remix de la macaréna comme remerciement du guide, chanté au micro par six-sept personnes du groupe dont une qui chantait comme à l’ancienne et s’est gargarisée de trémolos toute seule à la fin, un peu castafiorisant. Là, on s’est senti très ridicule, à se cacher d’être blanche, pourtant ces gens-là l’ont fait avec tout leur cœur mais en vivant ici on a davantage ressenti le côté ridicule… Et puis, c’était choquant pour nous de voir ce groupe de blancs attablés qui pensait sans doute voir la vraie Afrique alors que ce n’était qu’un spectacle bien organisé juste pour eux. Bref, on s’est rendu compte qu’il nous fallait faire attention car on devenait dures et intolérantes avec les autres blancs qui ne vivent pas la même chose que nous. Mais on a aussi bien compris comment l’image négative du blanc a pu s’installer si facilement ici ou ailleurs en Afrique.
En tout cas, l’expérience, due au hasard vraiment bien fait, de voir deux fois dans la même journée, mais dans des conditions si différentes des danses et musiques traditionnelles, a été très riche. Et nous avons pu apprécier notre chance de passer du temps ici, intégrées au milieu des gens, de bouger un tant soit peu les clichés, aussi bien les nôtres envers les africains que les leur envers nous.

5 décembre (2/3)

A part ça, il y a eu un grand changement pour moi : je me suis fait tresser ! Et si, j’ai osé et j’ai souffert ! Bon, ce n’est pas dans nos critères de beauté européens mais je suis plutôt contente du résultat, en tout cas, ici, c’est très apprécié. Il a fallu deux heures de travail pour faire cela et j’avoue que ça tire quand même pas mal le crâne. D’ailleurs, il est vraiment très blanc le mien !! Je devrais pouvoir les garder une ou deux semaines mais pas plus car nos cheveux sont trop lisses. Florisse, elle, a utilisé des rajouts (mèches) et fait des nattes en huit heures (13h – 21h) qu’elle pourra garder environ un mois. Ce sont deux types de coiffure très répandus ici, la mienne surtout mais toujours avec des motifs qui changent. L’autre manière de se coiffer est le tissage. En fait, comme les femmes ont des cheveux crépus et peu longs, ce n’est pas facile de changer de tête, alors il y a un stratagème : on fait des tresses à même le crâne, comme moi mais sans motif, juste à l’horizontal, et on tisse dessus avec une aiguille et du fil des mèches de cheveux qui finissent par faire une coupe originale. Je n’ai pas encore de photo assez claire de cela mais je vous montrerai. En tout cas, cela explique pourquoi vous pouvez voir des africaines avec de longs cheveux lisses ou des coupes si variées, elles portent en quelques sortes des perruques cousues à leurs cheveux.

le 5 décembre (1/3)

J’ai eu une très bonne nouvelle en arrivant hier au LPJ, nous avons finalement un congé d’une semaine pour la préparation du 11 décembre (je vous rappelle que c’est la fête nationale du Burkina et qu’elle va avoir lieu à Fada, donc c’est le branle-bas de combat !). Evidemment, le message est passé la veille au soir, comme presque toujours ici pour les congés ! Mais ça tombe très bien pour moi car je vais pouvoir corriger mes copies de composition (examen de fin de trimestre) plus tranquillement, préparer quelques cours d’avance et commencer la partie administrative plus en douceur. J’ai déjà créé la boîte mail de l’APJ et repris des contacts par quelques mails. Je dois maintenant préparer l’arrivée de deux volontaires pour février, enfin, je gère juste la partie LPJ, deux jours par semaine de présence sans doute dont il faut organiser le programme. Et puis, je vais m’atteler à la rédaction de dossiers de demande de volontaires et de subvention pour le LPJ. Ah si, j’ai aussi tout un tas de bricoles à faire : écrire aux amis, faire un rapport à Fondacio, regonfler mes pneus (encore !),changer les seccos de l’abri de la terrasse, etc… Et puis, j’aimerai bien me reposer à ne rien faire aussi, enfin, si j’ai le temps…