Ce week-end, nous (Florisse et moi) sommes enfin sorties de Fada pour une première visite à Ouaga. Il ne fallait pas rater l’occasion car il y avait le SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou). Cet événement a lieu tous les deux ans et se déroule comme une foire ou un salon chez nous avec des exposants venus de partout (ici globalement l’Afrique de l’ouest). Nous sommes donc montées à la capitale vendredi soir (3h30 de trajet dans un bus plus que correct) et nous avons logé dans une « case » (maison, en fait, et mieux que la nôtre !) de passage pour volontaires d’une autre association mais qui est ouverte aux amis. Samedi matin, nous nous sommes rendues au salon (en taxi toutes seules comme des grandes et sans se faire rouler sur les prix !). C’était très intéressant du point de vue des choses à voir mais aussi très fatiguant par l’ambiance du lieu. La plupart des exposants présentaient des objets d’artisanat à vendre donc à payer chers pour nous, des blanches. Il nous fallait entrer dans chaque stand, « pour le plaisir des yeux », « pour porter chance », « parce qu’on était les premières clientes »… Cela finit par être oppressant car on vous harponne même à l’autre bout du grand hall pour vous emmener voir un stand où les choses sont plus belles et de meilleures qualité. Il faut dire que beaucoup vendent les mêmes objets et la concurrence doit être forte (ceci dit, 10 000 visiteurs en moyenne, chacun doit y trouver son compte…). N’empêche, c’est fatiguant nerveusement parlant car c’est presque impossible de refuser si on veut rester agréable et poli. Mais bon, nous nous sommes prises au jeu, c’était l’endroit où il fallait s’attendre à cela tout de même. En revanche, quand cela continue dehors et dans les rues de Ouaga, là ça devient vraiment lourd. La fatigue et la chaleur aidant, il est difficile de garder son calme d’autant que certains vendeurs deviennent un peu agressifs quand on ne leur prend rien. Ceci dit, nous avons aussi rencontré au SIAO une dame qui voulait « se faire des amies blanches ». Elle fabrique des bijoux et nous a proposé de visiter sa boutique, évidemment, mais bien qu’il ne nous était pas possible de le faire dans le week-end, elle nous a quand même accompagné visiter le village artisanal de Ouaga (on y voit des ateliers de cuir, instruments de musique, sculpture, tissu, bijoux…), donné de petits cadeaux et nous avons bien discuté. Là, c’était sympa !
Ensuite, nous sommes allées dans un Marina Market, c’est une chaîne de supermarché que l’on trouve à Ouaga (tenue par des libanais, ils tiennent beaucoup de choses ici) et dans laquelle, nous avait-on dit, on trouve de tout. Eh bien, s’en était bluffant ! C’est comme un Intermarché de chez nous sans le rayon fruits et légumes. Il y avait de l’alcool (vins, martini et autres apéros…), des produits d’hygiène (les marques de chez nous aussi Timotéi, Nivéa…), des biscuits et friandises (chocolat, mnm’s et autres mars ou snikers, cookies…), un étal fromage et charcuterie (ça c’est le comble !), et même un petit bac à glaces (Hägendaaz !) etc… Plus, un étage avec meubles, jouets, vaisselle… dans le genre Casa. Bien sûr, on sent que tous les étrangers ou burkinabés riches viennent faire leurs courses ici et on se rend compte qu’on peut très bien vivre ici sans changer ses habitudes. C’est compréhensible pour les gens qui restent là à long terme mais pour nous, on veut du burkinabé !
Le soir, nous n’avons pourtant pas résisté à jouer les expat’ en allant manger dans un restaurant qui propose des plats européens et dans lequel on trouve, par conséquent, une grande majorité de blancs. D’ailleurs, cela nous a fait très bizarre de voir autant de blancs durant ce week-end, aussi bien au SIAO, qu’au restau ou dans les rues. Bref, nous avons commandé des lasagnes et une pizza pour fêter notre premier mois ici ! Ca n’avait pas tout à fait le même goût que chez nous, mais ça s’en rapprochait pas mal…
Dimanche, messe à la cathédrale (les messes durent généralement 1h30 ici) avec toujours des chants plus dynamiques que chez nous : il y a une chorale et un accompagnement en fond (genre disco ou années 80) mais rien de déplacé non plus. On dirait que les gens habitent plus leurs chants et cela n’empêche pas l’assemblée d’être très priante ! Au contraire même. Par contre, l'énumération des intentions de prière est souvent longue ("messe pour la réussite scolaire de ses enfants, dmandée par untel", "messe de remerciement pour un poste, demandé par tel autre"...).
L’après-midi, nous devions visiter le quartier institutionnel de la ville à pied mais nous étions trop fatiguées. Après un repas rapide dans un restau indiqué par le routard, nous sommes donc reparties pour « chez nous ». Finalement, cela faisait du bien de retrouver le « calme » de Fada, de ne plus se faire arrêter tous les deux mètres pour qu’on achète quelque chose, de trouver un peu moins de circulation et de poussière, et de pouvoir dormir car à 8 heures nous étions couchées ! Vraiment, nous étions crevées !
PS: désolée mais les photos de Ouaga ne veulent pas passer ce soir, je réessaierai...
mardi 4 novembre 2008
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6 commentaires:
bravo pour l'immersion totale ! question agressivité si tu n'achète rien,on a connu ça en Chine et aussi par grosse chaleur aprés un périple assez fatigant..donc on se rend compte !!
compassion totale !!
mais ce sont des expériences dont on garde souvenir !
tu as des bizous de Yves Brecville
...et de nous 2
maminébonpap'
coucou
je me joint à toi pour fêter ton premier mois!!
gros bisous
marion
Merci pour votre devoir non surveillé .Le sujet " racontez votre dimanche" a été très bien compris .Votre narration mérite la note de 16 sur 20 . 17 étant reservé à Fondatio , 18 à votre grand père c'est à dire moi et 19 à Dieu le pére et encore !!! .Oui tout à fait d'accord avec toi , c'est vraiment pénible , alors qu 'on bosse bénévolement dans le pays d' étre presque agressé par tous les vendeurs possibles . Comment veux tu qu'ils voient la différence avec les touristes ? Je me suis souvent posé la question et la seule réponse que j'ai trouvé ( mais je n'ai pas essayé ), c'est de mettre un brassard de couleur et de dire en le montrant vous voyez : je ne suis pas un touriste Bravo tu as trouvé la meilleure formule pour s'intégrer à l'étranger : regarder et vivre à leur mode avec discernement .Je suis trés fier de Toi .Je t'embrasse :1000000000-1 bizz Bonpap.
bon,moi,c'est en ponctualité que je dois faire des progrés!! déjà jeudi soir et me voilà seulement à te mettre un commentaire! je suis trés contente d'avoir eu ton expression écrite sur la classe de français en afrique;quelle idée aussi!je comprends bien mieux certaines choses par rapport aux enfants de l'ase qui viennent des iles ou de l'étranger; d'afrique par exemple!Je suis bien d'accord avec toi que verbaliser les différences c'est pour mieux comprendre et connaitre nos différences et certaines raisons de celles-ci et pas pour plaindre l'Autre. Nous pouvons alors nous situer par rapport à ce qu'il peut nous apprendre et nous apporter que nous ne savons pas forcément bien faire comme par exemple apprendre à nos enfants à se débrouiller tout seul et à être responsables des plus jeunes! Je vois que la ville c'est toujours pas pour toi...Même vendue contre 100 chameaux!Plein de gros bisous à ma fille et à son amie florisse en attendant avec impatience une prochaine découverte maman
coucou. Et ben dis donc! Quelle aventure!!!
ps: Je rentre de vacances, je récupère mon retard...lol...
Bisous de claire
Ce qui est fabuleux dans ton récit, c'est qu'on s'y croirait vraiment... il suffit de laisser les images venir en tête... merci pour ce voyage !!
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