mardi 4 novembre 2008

4 novembre 2008 (l'école)

Aujourd’hui, j’ai un peu de retard dans les publications, mais une fois n’est pas coutume…
Il faut dire que j’ai eu du travail (80 copies à corriger) et du tourisme (visite à Ouaga) à faire J.

En ce qui concerne les copies (classe de 6ème), je ne m’en suis pas trop mal sortie.
(Sur les photos, c'est la classe de sixième : deux rangées de droite + deux rangées de gauche).
J’ai travaillé assez vite et puis le devoir consistait pour la plus grande partie à répondre à des questions, ce qui est plus rapide à corriger. Bilan : 5/20 de moyenne… Oups ! Il va falloir revoir certaines choses… En fait, la plupart des élèves n’ont pas compris ce qu’était l’expression écrite (10 points sur 40) ; or, j’avais repris l’organisation du devoir sur un test de rentrée que m’avais prêté un professeur de français d’ici et dans lequel il y avait une expression écrite, j’ai donc supposé que mes élèves sauraient ce que c’était. Apparemment, certains (70% au moins) n’en avait jamais vraiment fait ! Ils ont par exemple recopié le sujet ou même le texte sur lequel portaient les questions ! J’ai, par conséquent, fait une correction approfondie avec eux, je pense qu’ils ont bien compris et j’espère que les notes seront meilleures la prochaine fois. Ne vous alarmez pas, je ne suis tout de même pas hors catégorie sur les notes car, prenant peur, j’ai regardé les bulletins de l’année dernière et il n’y a rien de bien différent. Les appréciations les plus courantes sont « faible » ou « nul » avec des moyennes de 3, 5 ou 7. Ici, les notes sont souvent basses et il faut du temps pour réaliser un parcours scolaire jusqu’au brevet. Le problème ne vient pas des programmes qui sont très semblables aux nôtres, ni du niveau demandé qui est le même aussi en fin de collège, mais des conditions de travail et de vie. A Fada, il y a trois écoles maternelles pour 10 000 enfants en âge d’y aller. Donc, la plupart connaissent leur premier contact avec l’école en CP. Cela signifie qu’ils n’ont jamais tenu un crayon ni lu un livre avant ! Imaginez le décalage d’éveil. De plus, les classes comptent généralement une centaine d’élèves : comment connaître chaque individu, veiller à l’apprentissage de chacun malgré toute la bonne volonté de l’enseignant ? Rien que la discipline devient difficile avec des enfants qui vivent dehors les trois-quarts du temps et n’ont jamais connu le groupe classe. En ville, le problème est un peu moins lourd car les enfants veulent globalement y arriver mais en brousse, c’est plus difficile car, pour certains, l’école est une punition, et puis ils n’ont jamais entendu parler français, donc ils ne comprennent rien ! En revanche, ces enfants savent très tôt s’occuper du repas, des frères et sœurs, se déplacer seuls faire des achats et toute autre tâche domestique (et qui finalement leur sont plus utiles dans la vie). Mais du coup, les élèves redoublent beaucoup, j’ai par exemple au moins cinq élèves majeurs dans ma sixième. Et une grande part est plus âgée qu’une sixième de chez nous. Je trouve que c’est une bonne leçon de voir qu’ils veulent aller au bout malgré les difficultés et le temps que cela prend. Ceci dit, je ne tiens pas à garder un 5 de moyenne et je vais essayer de les faire progresser le plus possible. Enfin, dans le cadre de mes cours car je ne peux faire en sorte d’empêcher certaines choses : des élèves ne peuvent faire leur devoir car ils travaillent le soir en faisant de la vente dans les rues, d’autres n’ont pas l’électricité et il fait noir à 18h, ou encore, ils n’ont pas de lieu pour les faire. D’ailleurs, on voit souvent de petits groupes d’élèves qui travaillent, pendant les heures creuses, sur des tableaux mis à leur disposition dans la cour de récréation. Eh oui, malgré des conditions pas toujours évidentes, ils y croient et essaient pour la plupart car, comme partout, il y a des récalcitrants. Ce n’est pas évident de se motiver à travailler à l’école quand on sait que quelques-uns seulement auront un diplôme mais que beaucoup seront vendeurs sur le marché, réparateur de vélo, mère au foyer, cultivateur… Les études coûtent cher, l’emploi reste difficile d’accès et finalement la majorité des gens vivent avec de petits boulots simples. Et donc des vies simples…
Attention, avec ce que j’écris, je ne cherche pas à vous apitoyer sur le sort des pauvres petits enfants africains, ils ne sont pas malheureux pour autant ! Je tiens juste à vous faire part d’un autre mode de fonctionnement et d’une réalité différente de celle que nous connaissons. Il s’agit de voir ce qu’il y a de positif ou de négatif aussi bien chez nous qu’ici.

Bon, j’en garde un peu sur l’école pour une prochaine fois, sinon vous saurez déjà tout !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

j'aime bien ce que tu dis et la façon dont tu le dis
chacun a ses points faibles et forts et se trouve trés malhabile en arrivant chez l'autre !
la classe est trés propre est-elle gaie ? comment te nomment-ils ?
(dans le mess suivant j'ai fait une gross fotdorto.. quelle sanction ?

10000000 bizzz Mamine

Anonyme a dit…

coucou. Ben c'est cool de savoir tout ça. C'est génial que tu puisses le découvrir! Ca fait cheminer pas mal dans sa tête. Bisous! Claire

Anonyme a dit…

5 de moyenne ? Bon... ils ont peut-être besoin d'une orthophoniste...