mercredi 29 octobre 2008

28 octobre 2008 (3/3)

Après elle, vient le maillot jaune. Nous ne connaissons pas le nom de cet insecte du genre bourdon qui a l’air d’être vêtu d’un tee-shirt jaune. Tout ce que nous savons c’est qu’il fait de gros trous dans les bois qui tiennent le toit en seccos de notre terrasse. Régulièrement, l’une ou l’autre d’entre nous, assise tranquillement en train de lire, se prend une dégringolade de sciure sur la tête : eh oui, le ménage n’attend pas chez ce petit individu.

Nous en arrivons aux fourmis, c’est une vraie plaie dans notre maison qui est en banko (terre et paille). Elles font des galeries partout et on craint bien un jour de prendre le toit sur la tête ! On découvre des colonies dans les chambres, dans la douche, sur la terrasse, dans la salle… grâce aux petits tas de sciure qu’elles laissent et qui proviennent de l’intérieur de nos murs (eh oui, encore eux).

A part ça, j’ai aussi croisé : des araignées, des moustiques (j’ai quelques jolis boutons, et ici ils grattent très forts et restent bien longtemps !), une mante religieuse, un serpent (j’ai failli rouler dessus en vélo), une grosse souris (que le chat a fait agoniser pendant un long moment avant de la décapiter et de nous laisser nous débrouiller avec les reste du cadavre…), un singe (cadeau offert à Pascaline…), des zébus, des poules, des chèvres, un cheval, des cochons, des ânes (ces derniers animaux étant en liberté dans la rue, on ne sait pas comment les proprio s’y retrouvent ! ni comment ils ne perdent pas de bêtes !). Et des chiens, il y en a beaucoup dans les rues, ils ne sont pas agressifs mais c'est étonnant, ce sont tous les mêmes : il n'y a qu'une seule race!

Au fait, savez-vous quel est l’oiseau le plus présent en ville ici ? Non, pas le pigeon. Non, pas le moineau. Allez, réfléchissez… C’est le vautour ! Oui, le gros rapace plane ici, se pose sur les toits et mange les restes ! D’accord, je ne vous ferez quand même pas croire que je leur donne du pain à la main, ça irait un peu loin…

Voilà, j’espère ne rien avoir oublié de la faune avec laquelle j’ai eu le plaisir de partager un instant de mon séjour pour le moment. Je complèterai au cas où....

28 octobre 2008 (2/3)


Autre famille fort sympathique, la famille margouillat. Ces lézards translucides se réunissent le soir autour du néon pour manger les insectes. La journée, on les retrouve dans la douche, dans les chambres derrière les meubles ou les affiches. Ils restent en hauteur les trois quarts du temps et ne sont donc pas vraiment gênant, ils ont des ventouses étonnantes aux pattes ce qui leur permet de bien accrocher aux parois. On les repère de temps à autre en train de traverser la pièce à toute vitesse, ils sont vraiment très rapides ! Ils se rappellent aussi à notre présence en émettant un petit bruit caractéristique du genre de celui que peut faire un humain en fermant la bouche et en utilisant l’arrière du nez contre le fond de la langue : kon, kon ! (Bon, c’est difficile à expliquer, demandez à Cécile comment elle fait quand ça lui gratte dans le fond du nez, c’est pareil J ). L’ennui avec ces bestiaux c’est qu’ils pondent des œufs en haut des murs, œufs qui ressemblent à de petits champignons blancs-bleus tout rond et qu’il faut enlever, ce n’est pas toujours très ragoutant...

Nous descendons en taille. L’animal suivant qui partage notre logis est la guêpe maçonne qui construit des nids en terre, sur les murs aussi (ils subissent les pauvres). Elle mesure tout de même quelques centimètres de long et fait un bruit impressionnant. Le tout est de gratter les nids pour éviter qu’elle squatte trop chez nous !

28 octobre 2008 (1/3)

Bien le bonjour à vous, chers tous!

Pour commencer : les coups de soleil vont très bien, je me suis tartinée de Biafine et ils sont partis en deux jours, je pense qu'il y avait une part de réaction allergique à cause de l'antipaludéen que je prends...


Aujourd’hui, j’ai prévu de vous parler de mes colocataires. Non, pas celles que j’ai déjà évoquées, Florisse (l’autre volontaire Fondacio) et Myriam (volontaire Tintua en transit chez nous) mais nos autres petits amis.

Il y a d’abord Nassara, un chat tout blanc, d’où son nom, qu’Emilie avait trouvé et adopté et qu’elle a laissé ici. C’est une vraie petite machine à ronronnement qui demande sans cesse à manger…

Ensuite, on peut parler des crapauds. La famille crapaud se rassemble tous les soirs à notre porte et se promène allègrement dans notre salon. Il en est des gros, les parents sans doute J et des tout petits qui aiment sauter partout notamment entre le pied et la tong au moment où l’on marche… Cela donne lieu à de grands cris et à de formidables jets de tong en travers de la pièce ! Parfois, le chat attrape un des membres de cette visqueuse famille et le mange… pour le recracher un peu après, le nettoyage est à notre charge, évidemment. Mais il semble que nous ayons enfin trouvé la parade : du sel dispersé devant notre porte a l’air de couper l’envie de visite de ces adorables petits compagnons. Ce qui dommage, c’est que nous pouvons dire adieu au spectacle que nous offrait super-crapaud tous les soirs : voyez sur la photo, super-crapaud sait grimper au mur en utilisant le coin !

lundi 27 octobre 2008

samedi 25 octobre, brève 4

Dans notre cour, hormis la récolte du maïs, nous pensons à ouvrir un centre SPA. Car, comme une partie de notre mur s’est écroulée, cochons, poules, chiens, chèvres et autres chats s’invitent régulièrement ! Il est prévu de mettre des seccos (problème d’orthographe… ??), des branches tressées, quoi ! pour combler l’ouverture, en attendant d’envisager une reconstruction. Il va falloir être très patientes car ce n’est apparemment pas une grande priorité de s’occuper du mur et puis, « il n’y a pas de budget »… A moins que nous ne souhaitions mettre la main à la poche… Nous voulons juste mettre des seccos car notre gardien « ne peut pas bien dormir la nuit » sic, à cause des porcs qui rentrent. Eh bien, ça nous fait de la compagnie ! Et puis, en cas de grosse faim, on peut toujours s’en faire griller un !

samedi 25 octobre, brève 3

Petite aventure du jour : la panne de voiture ! Nous sommes allées à six blanches (ici on nous appelle les « nassara ») visiter le Centre des Handicapés qui est en coopération avec d’autres associations et l’Etat irlandais. Au retour, crac-boom ! Une roue a cassé, plus précisément la rotule a rendu l’âme. Promis, nous roulions doucement et en évitant au maximum les trous ! Il semble que celui qui avait emprunté la voiture toute la semaine avait fait un devis pour réparer la rotule et avait « oublié » de nous en parler… Heureusement que cela s’est produit sur un chemin et pas sur la route goudronnée sur laquelle il y a toujours beaucoup de circulation (scooters, vélos et piétons). Sympa d’attendre le mécanicien, de se faire ramener et d’imaginer la facture…

samedi 25 octobre, brève 2


Autre photo, autre thème : la récolte du maïs. Eh oui, en ce moment, on récolte de toutes parts. Sur la photo, c’est notre gardien dans notre cour. Comme il y a du maïs planté vraiment partout (dans les cours, dans les champs, dans les rues…), cela transforme le paysage quand on l’enlève, tout est beaucoup plus aéré. La moisson est plutôt bonne cette année car la saison des pluies a été longue, contrairement à l’année dernière où c’était la sécheresse.

samedi 25 octobre brève 1


Salut à vous tous !
Quelques nouvelles diverses et variées de petite choses de la vie d’ici.
D’abord, les résultats d’une petite expérience que je viens de mener ; vous l’avez sans doute remarqué, je me plains régulièrement de la chaleur, donc, j’ai fait des mesures aujourd’hui à 15h (fin des heures chaudes). Bilan → dans ma chambre : 35°; sur la terrasse à l’ombre : 38°; une minute au soleil : voyez la photo, je ne sais que dire sinon que c’est bien le trait rouge qui indique la température…

jeudi 23 octobre 2008

jeudi 23 octobre (suite)

Voilà les morceaux en question plus bas... et la pâte à piler!

jeudi 23 octobre

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Un petit coucou en passant!
La vie ici continue normalement avec une nouvelle semaine qui s'écoule. J'ai beaucoup travaillé au niveau de la préparation de mes cours car les premiers devoirs vont arriver et je crois qu'il va me falloir pas mal d'avance pour ne pas être débordée quand j'aurai 76 plus 65 copies le semaine d'après! Donc, je prépare, je prépare, je prépare...
Mercredi, tout de même, j'ai fait une pause car Daniel est venu nous apprendre à faire le foutou, un plat d'origine ghanéenne. C'est à base d'igname, ce qui ressemble assez à notre pomme de terre mais en plus farineux peut-être. Il faut bouillir le légume puis le piler. Quand on dit piler, ce n'est rien! On a mis 1h30 à piler un igname! On met deux trois cuillères dans le mortier et on pile avec le pilon, qui est assez lourd, jusqu'à ce l'on obtienne une sorte de pâte élastique (et là, c'est encore plus dur de piler parce qu'on reste accroché au fond!). Bref, ça fait les muscles! On a tourné à 4 à tenir et à taper... Puis, il s'est agi de faire des boules avec la pâte obtenue. Et finalement, on a terminé avec une bonne quantité et on a invité des connaissances à manger avec nous. Pour accompagner les boules, nous avons préparé une sauce avec de la viande. Je ne peux pas m'empêcher de vous soumettre une photo des morceaux de viande qu'il a fallu découper : des morceaux corrects + des abats (intestins, estomac...)! Il y a peu de viande, direz-vous, mais ça a été un supplice de la couper! Les odeurs!!! Florisse, comme moi, n'a pas pu aller au bout, au risque de rendre le déjeuner...
Du coup, au moment du repas, nous avons discrètement évité de prendre de la viande; parfois, il vaut mieux ne pas savoir ce que l'on a dans son assiette.

Ah oui, j'allais oublier : joyeux anniversaire, joyeux anniversaire (chanté) : ça fait un mois que je suis partie et que je suis en Afrique! J'ai fait déjà mieux que ce je pensais!

dimanche 19 octobre 2008

dimanche 19 oct (3/3)


Mes premiers coups de soleil africains !
Je ne sais pas si l’antipalu que je prends (risque de photosensibilisation) a ajouté à l’effet du soleil mais j’avais mis de la crème à 50 quand même !! Enfin, je me suis tartinée de Biafine au retour et je ne souffre pas trop le martyre.

Le soir, nous étions invitées à assister à un concert de rap qui s’est en fait avéré être un concours de jeunes artistes, les 10 meilleurs sélectionnés ayant ensuite la possibilité de faire un CD. Rendez-vous est donné à 19h à la salle derrière la cathédrale. A notre arrivée nous apprenons qu’en fait c’est à 20h à la Maison de la Jeunesse, normal… Bon, le spectacle fut intéressant quoique d’un intérêt musical peu convaincant, à vrai dire. Un micro saturé, du rap ou de la variété kitsch, pas de musique derrière les voix donc tout a capella, et une salle plutôt bruyante… On aurait aussi bien pu se trouver au spectacle de fin d’année d’un collège ou d’une MJC. Mais tout cela était instructif vis-à-vis de ce que font les jeunes ici. Ce sont un peu les mêmes que chez nous : habillés à la mode (baggi et casquette retournée), bruyants, un peu provoc’… Les textes des chansons montrent qu’ils sont très attachés à leur identité africaine et que malgré les difficultés ils ont envie de se battre, de ce point de vu, c’est assez positif ! Du genre : « La vie est dure mais ne baisse pas les bras » « jeunes africains, debout et levez-vous »…

Et finalement, ce matin, j’ai enfin pu assister à une messe normale (sans l’évêque, sans discours d’autorité, qui ne dure pas trois heures…). Il a quand même fallu y aller à vélo car la voiture ne démarrait toujours pas… Donc, départ à 6h45, pédalage à fond pour ne pas être en retard et arrivée 7h pour le début de la messe. Eh oui, c’est tôt, ici, la messe. Faut vraiment être motivé ! La célébration s’est déroulée comme chez nous, mis à part le fait que les instruments de musique étaient des djumbés et pas guitares ou des claviers. Un exemple pour les connaisseurs, le chant d’envoi était : Trouver dans ma vie ta présence… J’ai donc pu retrouver là des repères familiers.
Le reste de la journée a été simple avec petit repas offert au resto de Claude, un jeune de Fada. Sieste. Et le moins de mouvements possibles au vu de la transpiration qu’on dégageait !
Je pense parfois qu’il fait froid en France, mais je ne sais plus bien ce que c’est, je crois…

dimanche 19 oct (2/3)

Nous avons laissé les vélos en bas et sommes montés à pied pour découvrir une très belle vue de la brousse et de Fada. Cela faisait aussi beaucoup de bien de sortir de la ville et de se retrouver un peu dans la « campagne », au moins dans la nature. Nous avons ensuite passé les heures chaudes à l’abri d’un arbre à jouer au carte et à pique-niquer et nous sommes repartis dans l’après-midi. Certains auront sans doute une grande envie de demander si je porte souvent cette casquette à la « faux Indiana Jones » et je leur répondrai en les défiant de venir ici sans chapeau ! D’ailleurs cette petite escapade m’a valu quelques souvenirs que vous pourrez voir juste après… Pour les présentations, de gauche à droite : Daniel, Florisse, Marie (une autre, l'infirmière qui n'est là que le week-end), David (infirmier à Tambiga aussi) et bibi (vous ne reconnaissez pas la pose rambo?) !

Au niveau mystique, les gens d’ici restent très ancrés dans une tradition de superstition, ils se méfient beaucoup de la nature et tout ce qui est étrange ou inexplicable devient rapidement sacré. Ils craignent la magie noire et sont très prudents quant au respect des rites traditionnels. Evidemment, c’est moins le cas chez les jeunes qui perdent ces croyances.

dimanche 19 oct (1/3)


Bonjour à tous !
C’est le week-end et ça fait du bien après une semaine de travail ! Sauf qu’il a fait hyper (mais hyper) chaud ces deux jours…
On en a quand même profité pour essayer de faire des choses qui changent un peu. Au programme : expédition à la colline sacrée, concours de musique de jeunes, messe (enfin !) et séchage (eh oui, on sue tellement…).
Tout d’abord, la colline sacrée. Je vais découper un peu l’article pour pouvoir vous mettre plusieurs photos…
C’est un des rares lieux à visiter autour de Fada et un endroit où la tradition est très présente, qui inspire entre respect et crainte aux gens d’ici. Un jeune du coin, ami de Marie, a proposé de nous y emmener samedi. Départ prévu à 8h30 car il faut y aller à vélo (c’est pas tout près) et éviter les grosses chaleurs. Départ effectif à 9h30 sans compter les quelques arrêts en chemin (achat de sachets d’eau supplémentaires et de mayonnaise, on a oublié la vinaigrette…). Il ne faut pas s’énerver mais pour Florisse et moi c’est encore un peu frustrant cette impression de perdre autant de temps. Surtout que la vue du soleil qui monte dans le ciel n’est pas très rassurante pour le trajet à vélo ! On a dû arriver environ une heure après, en fait ce n’est pas si loin mais on ne pédale pas vite dans les rues bondées ni au soleil de la brousse ensuite. Cette colline est sacrée car il y vit un boa, qu’on ne voit jamais et qui ne mange jamais personne, mais dont il ne faut pas trop s’approcher. La famille royale qui réside à Fada est chargée de lui sacrifier un poulet une fois par semaine. D’autres petits sacrifices d’animaux ont aussi lieu là-bas apparemment. Il paraît que le blanc doit être présenté à la colline avant d’y monter, nos guides n’en ont pas pris la peine, ce qui a retiré un peu de charme à l’expédition, alors nous nous sommes présentées nous-mêmes : on ne sait jamais, il ne faudrait pas être waké (= subir un mauvais sort)!

mercredi 15 octobre 2008

mercredi 15 oct (suite)

Comme j’ai senti poindre l’inquiétude chez certains puisque je ne parlais pas de mes cours je tiens à dire que tout va bien pour le moment. J’en parlerai plus précisément plus tard, en fait j’attends d’avoir des photos pour illustrer les choses, mais je ne peux pas en prendre tout de suite, il faut que mon image de prof soit bien acceptée et mon autorité bien fixée. En attendant, je dois prendre mes marques et eux aussi. C’est comme chez nous de ce côté là. Il y a eu quelques cafouillages la première semaine : rien de grave mais comme je suis perfectionniste (si, si, un tout petit peu…) je voudrais que tout roule parfaitement dès le début ! Ils sont plus habitués à recopier les leçons au tableau et à faire des exercices qu’à manipuler, à réfléchir par eux-mêmes et à participer à l’oral. Donc, je dois les habituer (surtout les 6ème) à se prendre en charge et à être plus actifs. Je me suis fâchée contre les 6ème lundi parce que certains n’avaient pas fait les devoirs, d’autres étaient excités et rigolaient pour un rien : j’ai g’ondé avec ma g’rosse voix de blanche ! Non, en fait je ne crie pas mais, c’est sans doute plus impressionnant, je fais un discours très sec (avec le visage bien fermé, genre je suis très fâchée et très méchante) sur ce qui ne va pas et leur responsabilité. De là, le deuxième heure a été super ! Avec les 5ème, pour l’instant, c’est une bonne ambiance avec des élèves plus volontaires et plus travailleurs. Ils sont aussi moins nombreux : 60 contre 76 (les effectifs montent encore). Ah oui, au fait, le cliché du petit écolier noir qui connaît sa chance et est très sage à l’école, oubliez ! C’est un mythe…

Sinon, à la maison, il y a parfois des enfants qui passent dont deux petites filles (qui viennent avec les petits frères et sœurs) vraiment super, débrouillardes et curieuses : Myriam-Blanche et Fanta. Quand elles sont là, elles aiment discuter et nous poser des questions, jouer autour de nous ou avec nous aux cartes (Bonpap’, je leur ai fait l’histoire des rois qui vont à la chasse et qui se perdent et les familles qui se mélangent pendant la nuit à l’auberge… C’est cool, non ?). C’est marrant, elles viennent un peu à n’importe quelle heure et s’installent là sans rien demander, comme si c’était chez elles. C’est chouette car elles sont vraiment mignonnes, ça fait une présence et ça fait rencontrer du monde mais parfois ça peut être aussi gênant (heure du repas pour nous, travail…)
Myriam a eu une petite sœur, c’est le bébé que j’ai dans les bras sur la photo : elle a 8 jours ! Et elle a fait pipi sur Florisse !! Ici, quand les femmes accouchent, elles rentrent chez elles le soir même. Si, si ! Et elles reprennent leurs activités. Qu’en dites-vous ? Bien sûr elles allaitent, jusqu’à deux ans environ. Elles ont toujours un enfant sur le dos (je prendrai une photo pour vous montrer) accroché avec un grand bout de tissu.
Nous sommes allés chez eux pour voir le petit, c’était d’un crade ! Les odeurs n’étaient pas terribles non plus. Il est vrai que tout se salit et s’abîme vite ici mais généralement les gens n’ont pas trop le sens de l’hygiène. Ils se lavent les mains, prennent des douches mais dans la maison, on ne peut pas parler de « ménage ». Enfin, cela dépend du niveau social aussi. En tout cas, c’était chouette de pouvoir entrer dans une maison et de discuter avec des femmes (les contacts sont bien plus faciles avec les hommes car les femmes ne sortent pas, en tout cas pas seules, elles sont plus discrètes et elles ont pas mal de travail à la maison donc nous avons peu d’occasion de les croiser). Nous avons comparé les fruits et légumes que nous avions dans nos pays et elles nous ont montré les graines de mil, arachide… Moment agréable...


Sewam ! (à tout à l’heure) – je ne sais pas encore dire « à bientôt » - ...

mercredi 15 oct

Bonjour bonjour ! (On dit « Fanda » ici en gourmanché)

Aujourd’hui, c’est mercredi et comme je n’ai pas cours et que je me suis un peu avancée dans le boulot, je prends le temps de rédiger un nouvel article.

La vie ici commence à rentrer dans sa routine avec :
- le boulot : aller en classe et préparer les cours. La préparation, ça va, je bosse à la maison sur l’ordi, c’est juste un peu fatiguant de passer des heures devant l’écran. La classe, ça va aussi, je vous raconte plus bas,
- les repas : à la maison le plus souvent, David cuisine le midi suivant ce que l’on demande et on mange les restes le soir,
- le dodo : pas toujours facile quand il fait trop chaud ou que les chiens aboient toute la nuit, les cochons – ça fait quoi un cochon ?? – crient de même à 5h du mat’, les coq et les ânes qui les accompagnent… plus la musique des voisins… plus la prière des musulmans… etc !! Vivent les boules quiès et le ventilateur !),
- les aller-retour au cyber (deux-trois fois par semaine en gros, et c’est une épreuve parfois, tellement il y fait chaud ou tellement c’est lent ! Petit à petit j’irai sans doute moins parce que ça coûte aussi des sous… et il n’y a pas de toilettes, Florisse en a fait l’expérience : c’est derrière la baraque !)
- les coups à boire au maquis : la musique y est souvent très forte ; on peut boire soit des bières – genre de la Kro coupée d’eau… - , soit du coca, soit du fanta ; mais c’est sympa, on s’y retrouve entre blancs ou pas et ça permet de faire connaissance avec les amis burkinabé des autres ! Hier, c’est le Directeur Régional de la police qui nous a payé à boire… Je sais, je ne fréquente pas n’importe qui ! Explications : c’est un « ami » de Myriam une française-algérienne qui est ici en volontariat depuis un an et pour encore un an et qui loge avec nous en attendant de trouver une maison. Elle l’a rencontré au poste de police : elle s’est fait arrêtée à moto (pas de phare) et n’avait pas ses papiers et comme elle a essayé de discuter, ils lui ont mis une amende pour « entrave au bon fonctionnement de la justice » et elle s’est retrouvée dans son bureau où tout s’est arrangé ! Il faut dire qu’elle est a du bagout, ce qui plait assez ici.
- la météo : le beau et chaud est revenu après trois jours de pluie ce week-end (incroyable à cette période). C’est paralysant dans l’un et l’autre cas. Ainsi, vendredi, je me suis retrouvée seule prof et personnel de l’administration avec seulement une moitié de classe parce qu’il menaçait de pleuvoir (orage) et que les gens ne sont pas venus. Bon, en même temps ils ont bien fait parce que j’ai échappé de justesse à la drache à vélo : c’est tombé quand je suis entrée en salle des profs, ouf ! Du coup, j’ai dû improviser un cours pour ne pas sanctionner les autres, et ce fut finalement une de mes meilleures heures pour l’instant ! A l’inverse quand il fait chaud, les activités fonctionnent, mais au ralenti. On dit que les africains sont lents : essayez d’être rapides lorsqu’il fait plus de 35° toute la journée (sur mon thermomètre hier) ! On devient vite amorphe ici car chaque geste est plus lourd à faire. Certes, les horaires sont décalés : les gens se lèvent vers 5h, le boulot commence à 7h généralement jusqu’à midi puis reprise à 15h après une sieste qui permet de laisser passer les heures les plus chaudes. La classe est jusqu’à 17h ensuite bien que dans les autres professions on travaille plus tard. Mais l’ensemble des choses reste globalement lent. C’est aussi parce qu’ils ont une vision différente du temps qui passe. C’est vrai, à quoi ça nous avance de courir sans cesse ? Est-ce que toutes nos activités sont vraiment nécessaires ? N’y a-t-il pas des choses que nous pourrions vivre différemment si nous les faisions plus lentement ? Par exemple, ici, je me déplace à vélo. Au début je pédalais comme chez nous, vite, parce que c’est pénible un trajet à vélo et que ça fait perdre du temps. Et puis, vues les suées que je me prenais à l’arrivée, j’ai été obligée de pédaler moins vite et cela m’a finalement permis d’observer bien davantage, de repérer des boutiques, de dire bonjour à beaucoup plus de gens que je croise, d’étudier les habitudes des gens, pourquoi pas de m’arrêter pour bavarder… Et ce qui était corvée devient agréable parce qu’on prend le temps de le vivre. Je dis sans doute des évidences pour certains, mais c’est une chose que de savoir tout cela, s’en est une autre de le vivre…

samedi 11 octobre 2008

samedi 11 octobre (suite)

Voici la seconde tenue... Je sais, je n'ai pas une âme de top modèle, alors pas de commentaires sur la pose, svp... Merci!

samedi 11 octobre

Salut à tous!

Il y a beaucoup de demandes ces temps-ci! C'est chouette d'avoir des questions parce que ça donne aussi des pistes pour écrire! Je vais donner quelques réponses mais pour les autres, il faudra avoir un peu de patience...

Oui, Cécile, j'ai reçu ton sms et c'est cool!!! Il y a un truc pratique pour appeler, c'est télérabais. Demande à mes parents...

Oui, Tatilue ma chère marraine, on peut m'avoir par mail sur mon adresse classique ou sur celle indiquée sur le blog! J'attends des nouvelles maintenant!! Au fait, maman, j'ai reçu tes mails, merci bcp, je vais y répondre dès que possible...

Oui, Stéphanie, j'ai réussi ton défi... Regarde ma première tenue... et la bassine derrière!

Oui, toutes les filles, j'ai mes premières tenues et je vous en parle juste après!

Oui, tous, je vais vous parler de mes élèves, mais là, il faudra attendre un peu plus... Je ferai un article spécial alors j'attends d'avoir vraiment de la matière.

Oui, je ne sais plus qui, on a encore eu de la pluie et je vous envoie une vidéo pour vous montrer à quoi ça ressemble un petit orage.

- au niveau des tenues, j'ai pu faire deux ensembles et une jupe de rab. La photo ci-contre montre une tenue assez courante par-ici : un bustier serré et une jupe longue. C'est du tout simple mais souvent on peut ajouter des détails, faire des coupes moins droites en bas, mettre des bretelles plus larges ou aux formes originales... Je voulais commencer soft. La prochaine fois, j'oserai un peu plus. La seconde tenue (photo dans l'article au -dessus) est plus occidentale mais j'avais besoin d'un truc léger et pour faire du vélo facilement, d'où la jupe-culotte... Et le haut, c'est un modèle que j'avais et dans lequel j'étais à l'aise. On peut demander un peu ce que l'on veut au couturier et c'est du sur-mesure, ça c'est très cool! (Ca veut dire agréable, Bonpapa...). La prochaine fois, je dessinerai mes modèles et il les fera! Alors, jalouses, les filles? A part ça, le couturier utilise des vieilles machines Singer, un vieux fer à repasser dans lequel il faut mettre des braises, et son atelier doir faire 6 + 12 mètres carrés. Il y a du tissu dans tous les sens, il prend très peu de notes (seulement les mesures) et il coud très vite! Il suffit de lui expliquer les choses par oral, du genre "c'est trop lache derrière, il faudrait des pinces", et hop, il récupère le vêtement et fait cela à main levée, sans repère... et ça tombe impeccablement! Je ne sais pas si les vêtements vont tenir longtemps, je vous dirai si c'est du solide ou pas!
- pour la pluie, je vous laisse regarder les images suivantes... c'est plus parlant que des explications.

mercredi 8 octobre 2008

mardi 7 oct (suite et fin)


Voici ma nouvelle chambre!

mardi 7 oct (suite)


Autre grande nouvelle qui va me changer la vie : puisqu’Emilie est partie, j’ai pu récupérer sa chambre ! J’ai donc fait le grand ménage (voir le tas de poussière en photo, j’ai mis le téléphone à côté pour vous donner une idée… et ce n’était que le premier !) et j’ai gagné : un lit correct, une armoire qui ferme, une lampe qui fonctionne, et j’ai même hérité du ventilo ! Le grand luxe !! Ca fait du bien de pouvoir installer ses affaires et d’avoir un chez-soi. J’ai aussi pris une table dans la salle commune pour me faire un bureau et pouvoir travailler mes cours et corriger mes copies. Bref, tout va bien !
D’autre part, Florisse, la nouvelle volontaire, est arrivée. C’est cool, je ne serai pas seule dans la maison ! Elle est plus jeune mais a une formation avant de venir et c’est un ex-scout. Donc, ça devrait bien aller. Elle va travailler à la maternelle avec Pascaline donc on se verra surtout le soir et aux repas. Cet aprèm, je lui ai fait faire un tour de Fada (marché, poste, couturier, cyber...), et finalement, je me débrouille pas mal ici!

mardi 7 oct

Ca y est, j’ai fait ma rentrée ! Eh ben… j’aime bien les vacances aussi…
Non, tout s’est bien passé, je suis juste un peu fainéante. Finalement 70 élèves c’est pas si impressionnant que ça. Mis à part le fait que j’ai l’impression que les 6èmes n’ont rien compris de ce que j’ai baragouiné, je suis plutôt satisfaite.
J’ai fait quasiment la même chose dans les deux classes : présentation, explication du programme, mise en place des règles de classe et de travail et test de rentrée. Pour les règles, c’était un petit exercice, j’écrivais des expressions au tableau et ils devaient les mettre dans la bonne colonne : droits, devoirs ou interdictions. Les phrases étaient du genre : « bavarder », « aider les autres », « tricher », « apprendre les leçons »… Ca a plutôt bien marché ! En revanche, le test c’est autre chose : déjà je me retrouve avec 140 copies dès la première semaine et en plus c’est la cata. Les 6ème n’ont pas fait la moitié des questions et en plus c’est généralement faux ; je crois qu’ils n’ont pas compris ni le texte ni les consignes ni même le principe du test ! J’ai appris après qu’au primaire ont leur fait des QCM en interro… Ils ont dû être déstabilisés et je pense que je ne vais pas corriger chaque copie mais qu’on fera tout ensemble pour leur expliquer comment ça marche et ce que j’attends d’eux, tout en faisant les premières révisions. Les 5ème se sont mieux débrouillés même s’ils n’ont pas fini le travail. Le niveau est faible, c’est sûr mais ça a l’air correct en grammaire. C’est la lecture qui pêche le plus ; forcément, ils n’ont pas accès aux livres comme chez nous. En tout cas, je me rends compte à quel point les enfants sont sollicités et même sur-sollicités par tout un tas de choses en Europe: livres, leçons, rapidité de travail ou de réaction, activités sportives-musicales-artistiques, télé… Ont-ils le temps de vivre, finalement ? Et sont-ils plus heureux ?
Sur la photo, ce sont les salles de classe du LPJ, une par niveau, ce sont donc les professeurs qui bougent. Derrière moi se trouve l’administration avec trois bureaux et une salle des profs. Deux autres salles de classe sont en construction à droite de la photo.Au niveau des conditions de travail, c’est juste. On m’a prêté des livres mais ils devraient m’en acheter d’ici peu. Seuls les profs ont des manuels, il faut donc écrire au tableau la majorité des choses. Il est possible de faire des photocopies mais il faut les donner trois jours à l’avance au secrétariat pour qu’ils aillent les faire à l’ADCV (l’assoc qui nous reçoit ici pour Fondacio). Et l’ADCV, c’est juste à côté de chez moi alors que le LPJ à 15 min de vélo… Alors effectivement, je vais essayer de faire moi-même mes photocop’ à l’ADCV ! En classe il fait assez chaud donc les fenêtres et la porte sont ouvertes, du coup on entend tous les bruits de l’extérieur et il y a parfois des petits curieux qui nous observent. Mais bon, on s’y fait bien…

lundi 6 octobre 2008

lundi 6 oct

Fanda!

Comment allez-vous? Pour moi, les choses continuent et s'accélèrent. Qu'ai-je fait pendant ces quelques jours? J'ai travaillé! Eh oui, connaissant à présent mes classes et le programme, j'ai commencé à préparer des cours. Et ça prend du temps! Il faut s'y remettre et retrouver le rythme. Je vais d'abord leur proposer un test pour vérifier leur niveau : super, 140 copies à corriger dès la première semaine! Mais non, le soleil ne m'a pas tourné la tête, j'étais déjà comme ça avant...

Nous sommes sur la fin de la saison des pluies et ce week-end, il y a à nouveau eu des précipitations. Ici on dit qu'il pleut. Chez nous on aurait dit qu'il y avait une tempête...
En fait, il se met à pleuvoir en quelques minutes, des cordes et des vaches qui pissent (si, si...), toute activité cesse et les gens courent se mettre à l'abri s'il n'ont pas eu le temps de rentrer. En plus, cette fois il y a eu une coupure d'électricité et on s'est retrouvé dans le noir. Rigolo! L'orage a alors fait rage et déclenché sa fureur (euh, je m'emballe...) avec des éclairs de plusieurs secondes, violets. C'est impressionnant mais ça fait beaucoup de bien car il fait très lourd juste avant.

jeudi 2 octobre 2008

Du boulot, enfin!

Je prends quelques minutes pour donner les dernières nouvelles car j'ai enfin pu rencontrer le directeur du LPJ et un professeur de français qui m'ont apporté des précisions sur mon futur boulot. En gros, je vais commencer par donner 14h de cours de français, j'aurai une 6ème et une 5ème, puis avec le temps, je vais m'investir dans l'admnistration pour aider au secrétariat, à l'organisation de certains éléments et à la gestion de la correspondance.


Je dois dès à présent préparer des cours car la demande est très sérieuse et exigeante. C'est étonnant mais le système et la pédagogie sont très très proches des nôtres : méthode inductive, programme semblable avec répartition écrit, oral, langue... mais il y a plus d'heures de français, une progression précise est proposée pour la langue qui est mise à l'honneur plus que chez nous. Les problèmes de discipline existent aussi au niveau du collège mais les sanctions diffèrent : on peut mettre un élève à genou pour bavardage répété, lui faire faire des corvées (arrosage, nettoyage des toilettes...) pour insolence... Bref, je vais avoir le même stress de rentrée lundi qu'en France! Et surtout pas mal de boulot! Alors je ne traîne pas et j'y retourne!

Et voici enfin ci-dessous, en exclusivité et en avant première, le 1ère visite de la Maison des volontaires! Bon visionnage!

PS: merci à tous pour les commentaires, ça fait chaud au coeur et je me sens moins loin... et je vous envoie des bisous!

mercredi 1 octobre 2008

Mardi, jour 7.

Bonne fête de fin de Ramadan à tous !
Comment ? Vous ne saviez pas que c’était la fin du Ramadan ? Ils l’ont pourtant annoncé à la radio ce matin cette date qu’on attendait depuis plusieurs jours, donc c’est férié aujourd’hui. Pascaline m’a proposé d’aller voir l’école maternelle qu’elle dirige ici. Les trois monitrices présentes quand j’arrive demandent à rentrer chez elle puisque ce matin ils ont déclaré que c’était férié. Difficile de dire non, ça va être la fête pour tout le monde, même les non musulmans. Nous nous retrouvons donc à trois françaises pour installer les classes. Les bancs doivent être plus lourds ici, on sue deux fois plus pour les déplacer ! Et puisque c’est la fête, nous mangerons au maquis (restaurant) ce midi ! Mais avant, Emilie m’emmène au marché acheter mes premiers pagnes. Ce sont des morceaux de tissu dans lesquels je pourrai me faire coudre des vêtements sur mesure. Parce qu’avec mes manches longues et mes pantalons j’ai l’air un peu ridicule et j’ai surtout très chaud. Le soleil et les moustiques ne contrebalancent pas la chaleur, la mode et la féminité ici. Les femmes sont en manches courtes et jupes longues ou mi-longues. On trouve aussi bien des gens en vêtements que nous dirions africains, genre boubou ou tissu très coloré, que des gens habillés comme chez nous avec chemise, jean et lunettes de soleil. La plupart des tissus, nous n’oserions jamais les porter en Europe, mais ici tout passe très bien. C’est vraiment chouette car les motifs et les couleurs sont variés de même que les formes car on peut dessiner soi-même son modèle !
Je choisis donc trois tissus et demain je devrais aller passer commande de hauts légers et jupes, peut-être une robe aussi. Je vais donc adopter la mode du coin plus tôt que prévu. Je passerai peut-être plus inaperçu…

Lundi, il est projeté une visite à Tambiga. C’est un village en brousse à une trentaine de kilomètres où Marie travaille la semaine et où Fondacio apporte son soutien pour l’école et le dispensaire. Avant de partir, nous faisons un tour à l’hôpital car Emilie doit voir le médecin. Cela me permet de découvrir l’endroit où je devrais aller si je suis malade. Arrivées vers 8h, nous prenons place pour attendre sur un banc en béton, à côté des autres malades. Le médecin sort après quelques minutes, eh oui, c’est l’heure de laver la salle, tout le monde attend patiemment à l’extérieur pendant que le ménage se fait, doucement mais surement... Nous allons ensuite acheter un tube à analyses à la caisse de l’hôpital. Je ne vous ai pas encore dit, je crois, qu’ici les files d’attente sont particulières : chacun pour soi ! Si tu passes devant, tant mieux pour toi ! Sans brutalité pour autant, par faufilage. Et cela qu’il s’agisse d’administration, de banque, ou de repas ; il n’y a pas de simagrées polies et si tu veux en avoir, il faut te servir. Enfin, nous passons au laboratoire pour poser les analyses et il faut négocier pour qu’ils acceptent de les faire dans la journée. Si, si, j’ai confiance, quand je serai vraiment malade avec de la fièvre et tout je saurai faire tout ça sans problème !
Nous allons ensuite chercher la voiture chez Pascaline (c’est la voiture des volontaires), celle qui était en panne. On nous a promis qu’elle serait réparée avant 8h. A 11h, rien. Après plusieurs coups de fil, on nous dit qu’elle arrive mais qu’il faut passer à la pompe car il n’y a plus d’essence. A 12h, rien. A 13h, rien. Nous étions attendues pour midi à Tambiga où ils devaient fêter le départ d’Emilie. Ca va aller, il n’y a pas de problème. C’est à 14h30 que nous partons, la faim au ventre, emmenant Mathias (présenté par Fondacio pour les réparations) et son tournevis avec nous, seul moyen de démarrer la voiture qui n’est finalement pas réparée ! Et il faut encore passer prendre de l’essence (tiens, on s’aperçoit qu’il y a une fuite, on répare…) et de l’huile (oui mais pas là, elle est moins chère plus loin). Ah oui, et un pneu de secours aussi… Mais si, on a fini par arriver ! Il faisait même encore jour ! Enfin, la dernière partie de la route était difficilement praticable après la pluie entre les flaques et les gros trous (« gros » d’ici, bien sûr). Les Renault sont vraiment résistantes, je vous le promets ! Nous sommes alors accueillies par un repas puis du thé. Je visite Tambiga : un dispensaire, une école, trois logements de fonction, une pharmacie. Il paraît qu’il y a des habitants, dans les cases disséminées derrière les maïs... Il nous faut repartir assez vite car il faut rentrer avant la nuit. Le trajet peut-être dangereux à cause des coupeurs de route qui sévissent dans la région en ce moment et plus particulièrement la nuit. Heureusement, nous rentrons sains et saufs !

la suite...

Hello !
Voici quatre nouveaux jours passés à Fada et les choses commencent enfin à bouger ! Le week-end d’abord puis lundi et mardi ensuite ont apporté leur lot de découvertes.

Samedi matin, je continue à découvrir les rues de Fada grâce à Marie qui m’emmène au marché et au magasin d’alimentation. Nous y allons à pied : une petite demi-heure de marche et déjà des coups de soleil ! Interdit de rire, svp ! Ce n’est pas de notre faute si nous y sommes allées peu avant midi… Le marché est un espace immense de mini boutiques en bois et en tôle, organisé par quartiers (vêtements, fruits et légumes, accessoires ménagers, viande…). Il est très fatiguant de s’y promener, on piétine, il y a beaucoup de monde et c’est un vrai labyrinthe pour les débutants. Les odeurs ne sont pas toujours non plus très agréables… En revanche, c’est un lieu vraiment vivant, coloré et animé. Tout le monde vient y faire des achats, souvent de façon quotidienne, on y croise donc toutes sortes de personnes et c’est finalement le lieu central de la ville.
L’après-midi, je décide d’aller voir Sylvain, le responsable du LPJ ( Lycée pour la Promotion des Jeunes), lieu où je devrais travailler pendant ma mission. Eh oui, si tu ne viens pas à Marie, Marie ira à toi ! Heureusement, je suis très bien accueillie. C’est quelqu’un de formidable et de confiance qui me répond concrètement, me donne un téléphone (Oui !! Je vais pouvoir appeler ! Ah non, en fait, c’est le week-end, je ne peux pas acheter de puce… Tant pis, c’est déjà une avancée ! … Il y en a qui rigolent là ? Bon, ça va). Enfin, - quel soulagement ! – je peux poser les premières questions qui me taraudent concernant ce que je suis venu faire. Où est le LPJ ? Quand commencent les cours ? Est-ce que je vais avoir à faire tout ce qui est indiqué sur ma fiche de poste (14h de cours de français + les cours du soir + la mise en place d’une bibliothèque + l’encadrement informatique du personnel + la création d’un groupe d’animation pédagogique…) !? En gros, nous décidons que je vais commencer par les cours de français avec les 5ème et les 4ème et les cours du soir, ce qui reste ma mission principale, puis en fonction de mon adaptation et du temps que j’aurai j’irai aider à l’administration (il y a apparemment grand besoin pour le secrétariat et le projet bibliothèque). J’ai cependant appris par la suite dans la journée que rentrer seule à vélo du LPJ la nuit n’est pas très sérieux. En fait, les cours du soir ont lieu de 17h à 20h et la nuit tombe à 18h ici (je ne vous l’avais pas dit ?) et le LPJ est en frontière de ville, c’est presque la brousse. Je vais donc voir si je suis vraiment nécessaire aux cours du soir ou pas et sinon demander à être raccompagnée. De plus, j’aimerais travailler à l’administration car cela correspondrait à ma vision du volontariat, il me serait possible d’initier des projets en fonction des besoins de sorte qu’ils puissent apprendre à se débrouiller par eux-mêmes et que les choses continuent de rouler quand je partirai. Après la discussion qui me rassure et me permet d’y voir plus clair, Sylvain me propose d’aller visiter le LPJ et je peux ainsi voir mon futur lieu de travail : 4 classes, 2 en construction, 1 grand terrain broussailleux, 1 bâtiment administratif et un mur entourant 1/3 de la zone (eh oui, il n’y a plus de sous pour le continuer pour l’instant…).

Arrive samedi soir. Que font les jeunes en France le week-end ? Ils sortent en boîte avec leurs potes et boivent de la bière. Que font les jeunes au Burkina, à Fada, le week-end ? Ils sortent en boîte avec leurs potes et boivent de la bière. C’est fou, non ? Eh oui, loin des clichés de brousse, la vie ici ressemble vraiment à la nôtre, ce sont les conditions de vie qui changent seulement. Ainsi, samedi soir, un groupe de jeunes ayant grandi dans le même quartier avait prévu une fête pour se revoir une fois avant la fin des vacances et avant que chacun soit dispersé pour son année de travail. La plupart sont des enseignants et, comme chez nous, ils se retrouvent mutés à entre 30 et 300 km de chez eux. Mais du coup, ils se retrouvent en brousse, dans de petits villages de cases, sans boutique et sans réseau de téléphone ; et comme les routes sont en mauvais état voire dangereuses à cause des coupeurs de route dans certains coins, ils ne reviennent pas souvent chez eux. La fête s’est déroulée dans une boîte réservée pour l’occasion : une salle, des spots de couleurs, une buvette, des sièges et de la musique ; tout pareil que ce que l’on connaît par chez nous ! En un peu plus rustique tout de même. Et puis, allez danser comme un fou par la chaleur qu’il fait ! Les gestes sont donc différents des nôtres, autant nous bougeons à partir des pieds, autant eux gardent les pieds ancrés dans le sol et font bouger tout le reste ! Pas facile… Mais une soirée sympa.

C’est le week-end et j’aurai bien voulu aller à la messe. Sur le chemin pour y aller samedi soir, nous apprenons qu’elle n’aura pas lieu, nous ne comprenons pas bien pourquoi, mais bon. Dimanche matin, Pascaline (une française qui habite à quelques maisons de chez nous et vient ici régulièrement) doit m’emmener en voiture. Pas de chance, la voiture tombe en panne. Bon, elle peut me prêter un vélo. Ah non, il est dégonflé et la pompe ne correspond pas. Eh oui, c’est l’Afrique comme on dit ! Pas de messe cette semaine. Sinon, niveau moyens de transport, on se déplace majoritairement à vélo et en moto (scooter surtout) ici. C’est assez dangereux car c’est le plus gros qui a la priorité. Il n’y a que de rares panneaux indicateurs, les limites de vitesse ?, et l’ensemble fonctionne au klaxon. En plus, il faut éviter les trous et les flaques de boue, tout un art !
Je passe un dimanche tranquille. Les filles sont occupées et j’en profite pour me reposer, lire un peu, laver quelques choses, ranger un peu mes affaires pour que mes valises soient plus pratiques… Cela fait du bien de souffler un peu car, ici, il passe sans cesse du monde, il faut toujours « causer » quelques minutes avec chacun et finalement c’est un peu étouffant. Surtout qu’en tant que nouvelle je rencontre beaucoup de personnes à la volée, il y a de nombreux noms et visages qui passent (avec les conseils ; tu peux faire confiance, attention collant, méfiance, très sympa…) : c’est dur de tout retenir. Du coup, se retrouver avec soi-même et se poser un peu est important.
Le soir, je suis invitée avec Emilie chez Honoré, un ami à elle, à boire le thé. C’est un moment d’échange très sympa. Ce n’est pas comme inviter à prendre un café par chez nous ; vous savez, la personne arrive, on appuie sur le bouton de la cafetière, en trois minutes le café est prêt et trois quarts d’heure après la personne est repartie. Non, là, il faut déjà bien une demi-heure pour accueillir les arrivants puis une autre pour préparer le thé puis une autre pour le boire et au moins une heure encore derrière à discuter. Parce que le thé est servi en trois fois, brûlant et très fort d’abord puis de moins en moins fort aux prises suivantes. On ne reste pas trois heures pour boire sa tasse (toute petite en fait), au contraire, on boit rapidement (et en faisant du bruit parce que ça brûle !) pour que les trois seules tasses puissent être passées aux suivants qui attendaient leur tour… Bref, c’est toute une aventure !