Hello !
Voici quatre nouveaux jours passés à Fada et les choses commencent enfin à bouger ! Le week-end d’abord puis lundi et mardi ensuite ont apporté leur lot de découvertes.
Samedi matin, je continue à découvrir les rues de Fada grâce à Marie qui m’emmène au marché et au magasin d’alimentation. Nous y allons à pied : une petite demi-heure de marche et déjà des coups de soleil ! Interdit de rire, svp ! Ce n’est pas de notre faute si nous y sommes allées peu avant midi… Le marché est un espace immense de mini boutiques en bois et en tôle, organisé par quartiers (vêtements, fruits et légumes, accessoires ménagers, viande…). Il est très fatiguant de s’y promener, on piétine, il y a beaucoup de monde et c’est un vrai labyrinthe pour les débutants. Les odeurs ne sont pas toujours non plus très agréables… En revanche, c’est un lieu vraiment vivant, coloré et animé. Tout le monde vient y faire des achats, souvent de façon quotidienne, on y croise donc toutes sortes de personnes et c’est finalement le lieu central de la ville.
L’après-midi, je décide d’aller voir Sylvain, le responsable du LPJ ( Lycée pour la Promotion des Jeunes), lieu où je devrais travailler pendant ma mission. Eh oui, si tu ne viens pas à Marie, Marie ira à toi ! Heureusement, je suis très bien accueillie. C’est quelqu’un de formidable et de confiance qui me répond concrètement, me donne un téléphone (Oui !! Je vais pouvoir appeler ! Ah non, en fait, c’est le week-end, je ne peux pas acheter de puce… Tant pis, c’est déjà une avancée ! … Il y en a qui rigolent là ? Bon, ça va). Enfin, - quel soulagement ! – je peux poser les premières questions qui me taraudent concernant ce que je suis venu faire. Où est le LPJ ? Quand commencent les cours ? Est-ce que je vais avoir à faire tout ce qui est indiqué sur ma fiche de poste (14h de cours de français + les cours du soir + la mise en place d’une bibliothèque + l’encadrement informatique du personnel + la création d’un groupe d’animation pédagogique…) !? En gros, nous décidons que je vais commencer par les cours de français avec les 5ème et les 4ème et les cours du soir, ce qui reste ma mission principale, puis en fonction de mon adaptation et du temps que j’aurai j’irai aider à l’administration (il y a apparemment grand besoin pour le secrétariat et le projet bibliothèque). J’ai cependant appris par la suite dans la journée que rentrer seule à vélo du LPJ la nuit n’est pas très sérieux. En fait, les cours du soir ont lieu de 17h à 20h et la nuit tombe à 18h ici (je ne vous l’avais pas dit ?) et le LPJ est en frontière de ville, c’est presque la brousse. Je vais donc voir si je suis vraiment nécessaire aux cours du soir ou pas et sinon demander à être raccompagnée. De plus, j’aimerais travailler à l’administration car cela correspondrait à ma vision du volontariat, il me serait possible d’initier des projets en fonction des besoins de sorte qu’ils puissent apprendre à se débrouiller par eux-mêmes et que les choses continuent de rouler quand je partirai. Après la discussion qui me rassure et me permet d’y voir plus clair, Sylvain me propose d’aller visiter le LPJ et je peux ainsi voir mon futur lieu de travail : 4 classes, 2 en construction, 1 grand terrain broussailleux, 1 bâtiment administratif et un mur entourant 1/3 de la zone (eh oui, il n’y a plus de sous pour le continuer pour l’instant…).
Arrive samedi soir. Que font les jeunes en France le week-end ? Ils sortent en boîte avec leurs potes et boivent de la bière. Que font les jeunes au Burkina, à Fada, le week-end ? Ils sortent en boîte avec leurs potes et boivent de la bière. C’est fou, non ? Eh oui, loin des clichés de brousse, la vie ici ressemble vraiment à la nôtre, ce sont les conditions de vie qui changent seulement. Ainsi, samedi soir, un groupe de jeunes ayant grandi dans le même quartier avait prévu une fête pour se revoir une fois avant la fin des vacances et avant que chacun soit dispersé pour son année de travail. La plupart sont des enseignants et, comme chez nous, ils se retrouvent mutés à entre 30 et 300 km de chez eux. Mais du coup, ils se retrouvent en brousse, dans de petits villages de cases, sans boutique et sans réseau de téléphone ; et comme les routes sont en mauvais état voire dangereuses à cause des coupeurs de route dans certains coins, ils ne reviennent pas souvent chez eux. La fête s’est déroulée dans une boîte réservée pour l’occasion : une salle, des spots de couleurs, une buvette, des sièges et de la musique ; tout pareil que ce que l’on connaît par chez nous ! En un peu plus rustique tout de même. Et puis, allez danser comme un fou par la chaleur qu’il fait ! Les gestes sont donc différents des nôtres, autant nous bougeons à partir des pieds, autant eux gardent les pieds ancrés dans le sol et font bouger tout le reste ! Pas facile… Mais une soirée sympa.
C’est le week-end et j’aurai bien voulu aller à la messe. Sur le chemin pour y aller samedi soir, nous apprenons qu’elle n’aura pas lieu, nous ne comprenons pas bien pourquoi, mais bon. Dimanche matin, Pascaline (une française qui habite à quelques maisons de chez nous et vient ici régulièrement) doit m’emmener en voiture. Pas de chance, la voiture tombe en panne. Bon, elle peut me prêter un vélo. Ah non, il est dégonflé et la pompe ne correspond pas. Eh oui, c’est l’Afrique comme on dit ! Pas de messe cette semaine. Sinon, niveau moyens de transport, on se déplace majoritairement à vélo et en moto (scooter surtout) ici.

C’est assez dangereux car c’est le plus gros qui a la priorité. Il n’y a que de rares panneaux indicateurs, les limites de vitesse ?, et l’ensemble fonctionne au klaxon. En plus, il faut éviter les trous et les flaques de boue, tout un art !
Je passe un dimanche tranquille. Les filles sont occupées et j’en profite pour me reposer, lire un peu, laver quelques choses, ranger un peu mes affaires pour que mes valises soient plus pratiques… Cela fait du bien de souffler un peu car, ici, il passe sans cesse du monde, il faut toujours « causer » quelques minutes avec chacun et finalement c’est un peu étouffant. Surtout qu’en tant que nouvelle je rencontre beaucoup de personnes à la volée, il y a de nombreux noms et visages qui passent (avec les conseils ; tu peux faire confiance, attention collant, méfiance, très sympa…) : c’est dur de tout retenir. Du coup, se retrouver avec soi-même et se poser un peu est important.
Le soir, je suis invitée avec Emilie chez Honoré, un ami à elle, à boire le thé. C’est un moment d’échange très sympa. Ce n’est pas comme inviter à prendre un café par chez nous ; vous savez, la personne arrive, on appuie sur le bouton de la cafetière, en trois minutes le café est prêt et trois quarts d’heure après la personne est repartie. Non, là, il faut déjà bien une demi-heure pour accueillir les arrivants puis une autre pour préparer le thé puis une autre pour le boire et au moins une heure encore derrière à discuter. Parce que le thé est servi en trois fois, brûlant et très fort d’abord puis de moins en moins fort aux prises suivantes. On ne reste pas trois heures pour boire sa tasse (toute petite en fait), au contraire, on boit rapidement (et en faisant du bruit parce que ça brûle !) pour que les trois seules tasses puissent être passées aux suivants qui attendaient leur tour… Bref, c’est toute une aventure !