samedi 27 septembre 2008

Jour 2 et 3

Avertissement : des photos étaient prévues avec cet article mais je n'arrive pas à les émettre, faites fonctionner votre imagination et revenez plus tard!

Les deux jours suivants sont plus calmes mais pas forcément plus faciles quand on arrive et qu’on est un peu laissé à soi-même. Contrairement à ce que je pensais, l’accueil par les gens de l’association n’est pas très cadré et rien n’est expliqué (on ne me fait pas visiter la ville, je ne sais même pas comment me rendre aux locaux de Fondacio ou de l’ADCV, je n’ai toujours ni argent ni téléphone et ça c’est un peu dur car je suis complètement dépendante des autres, je ne sais pas ce que je dois faire, à qui je peux faire confiance ou pas…). Et voilà, je suis déjà dans le bain africain : on a le temps, rien ne presse et surtout : « Il n’y a pas de problème ! » Il faut dire que la rentrée des classes n’est que le 5 octobre, mais qu’est-ce que je vais faire en attendant ? Je ne panique pas et profite du temps pour discuter avec les filles quand elles sont là et connaître un peu mieux le fonctionnement des choses. Charles m’emmène aussi pour visiter un peu la ville (le marché, la banque,… mais je n’ai pas d’argent donc on ne fait que passer et je ne peux toujours pas utiliser mon portable car il faut le débloquer et cela n’est possible qu’à Ouaga (comment, vous ne saviez pas qu’il faut débloquer les portables européens pour les utiliser ici et surtout qu’on ne peut le faire qu’à Ouaga ??). Je retourne aussi jouer aux cartes (je suis trop forte !), c’est super sympa : 4 personnes jouent et quelques-uns autour regardent en attendant leur tour. Bizarrement, on n’a pas vraiment le droit de prendre du temps pour réfléchir, il faut jouer assez vite et c’est encore mieux si on fait claquer la carte sur la table en la jouant. Ils sont passionnés par le jeu et cela donne lieu à de brillants échanges, en gourmanché bien sûr !
Je croise beaucoup de monde, serre de nombreuses mains et ce n’est pas évident de retenir les noms et les visages. Tout le monde me souhaite la bienvenue et les enfants nous saluent dans les rues : « Eh, la blanche ! » en nous faisant signe de la main.
Hier soir, j’ai enfin réussi à avoir l’argent pour mon mois. Les locaux de l’ADCV sont, en fait, au bout de la rue… J’ai voulu aller au cybercafé (dans le centre ville pas tout près : il faut vraiment que je fasse réparer les vélos qui sont dans ma chambre pour pouvoir me déplacer de façon autonome ; ah oui, et que je repère un peu la rue pour ne pas me perdre…) pour enfin donner des nouvelles plus précises mais il n’y avait pas de connexion, dommage… J’ai en revanche pu aller boire un coup avec Emilie et des amis à elle dans un maquis (les bars d’ici). Au choix, bière, fanta ou coca. Donc pour moi, fanta ou coca. Il va falloir que je me mette à la bière !

Ce matin, samedi 27/09/08, je prends le temps de dormir un peu et de rédiger l’historique de mes premiers jours pour le blog. Il y a un peu de vent et ça fait vraiment du bien ! Je suis à la Maison des Volontaires et je vais en profiter pour vous la présenter.

Voilà la vue lorsqu’on franchi le portail d’entrée. La terrasse est très agréable pour manger ou passer le temps au frais. A droite de l’image, on part vers les toilettes : une toute petite pièce avec un toilette normal mais très sale et sans chasse d’eau, enfin si, on prend l’eau dans le tonneau avec un seau et on verse dans le trou.

Du coup, on n’a pas super envie d’y aller (odeur et propreté…). Mais bon, on ne peu pas faire sans. J’espère juste que je ne serai pas malade trop souvent ! Vous me voyez tomber dans les pommes là ?
Dans la maison, on trouve d’abord la pièce principale, celle où je suis en train de préparer les articles avant d’aller au cyber. La « boîte » en métal au fond, c’est un filtre à eau, c’est vraiment bien car on peut en boire l’eau sans problème et ça évite d’avoir à penser tout le temps aux pastilles.

Ensuite, à droite, on trouve un couloir avec deux portes à droite : la cuisine (toute petite et domaine presque réservé de David qui vient nous faire les repas) et ma chambre, en attendant que je récupère celle d’Emilie qui va partir. A gauche, on trouve les deux autres chambres.
Je sais, c’est le bazar mais je n’ai pas encore de placard !

Et enfin, au fond, c’est la douche : vous reconnaissez le seau dont je vous ai parlé ?

Voilà, vous savez où j’habite maintenant. Jusqu’à présent, je n’ai pas de souci avec les conditions de vie, c’était juste bizarre d’arriver et de ne pas avoir de lieu préparé pour moi. En revanche, je vais essayer d’aller voir rapidement (je vais devoir oublier ce mot, définitivement) les gens de Fondacio pour parler un peu de ma mission et pouvoir commencer à préparer des choses avant la rentrée. J’espère aussi pouvoir passer des coups de fil d’ici deux-trois jours…

Premier jour


Salut à tous !

Me voici arrivée au Burkina depuis trois jours et je trouve enfin un peu de temps - et une connexion internet qui fonctionne - pour commencer à compléter le blog.
Il est difficile de parler de ces trois jours en expliquant à la fois les impressions, les choses faites, les réflexions, les déboires et les découvertes… Je vais faire de mon mieux.
Je suis arrivée à l’aéroport de Ouaga mercredi soir, en même temps que le président de Fondacio ; il y avait donc des gens pour m’accueillir, et très aimablement, mais ils avaient peu de temps pour moi. En fait, ceux de Fada ne savaient même pas que j’arrivais ce jour-là ! L’attention de tout le monde était concentrée sur la grande fête du lendemain lors de laquelle 8 couples allaient prononcer leurs engagements avec Fondacio (d’où la présence de grands pontes et de délégation des pays voisins et d’où le peu de temps à m’accorder). Je rencontre ainsi tout de suite des gens importants de Fondacio Burkina et nous faisons ensemble le trajet jusqu’à Fada où l’événement se déroulera.

Après 4h de route, j’ai été déposée à la Maison des Volontaires où j’ai rencontré deux autres filles en mission : Marie, une infirmière qui travaille en brousse la semaine et n’est là que le week-end, et Emilie, éducatrice à la maternelle depuis un an et qui part la semaine prochaine. C’est finalement elles qui m’ont accueilli et expliqué les rudiments du fonctionnement des choses dans le coin (mot d’ordre : no stress !). Mais elles ont aussi déjà chacune leur vie et leurs amis ici, qu’elles ont rejoint assez vite. Raoul (le second de Fondacio au Burkina) m’a donc confiée à son frère Charles pour m’emmener à la fête. J’ai avant cela eu droit à ma toute première partie de carte à l’ombre d’un grand arbre, sur une petite table en métal en buvant le thé : vraiment super ! Le soir même, je me suis retrouvé directement plongée dans une ambiance de grande occasion et j’ai pu vivre avec eux la célébration (2h3/4 avec l’évêque, des chants qui bougent et même une chenille improvisée !!!) et la fête qui a suivi (très protocolaire pour le repas : les officiels en table en U et les autres en face sur trois rangées comme des spectateurs). J’étais vraiment fatiguée à la fin de cette journée éprouvante où j’ai essayé de suivre le mouvement tout en découvrant un tas de choses : la chaleur, les routes poussiéreuses en scooter, la chaleur et la transpiration en continu, les poignées de main et mots échangés avec chaque personne que l’on connaît ou que l’on découvre (exemple d’échange classique : - Bonne arrivée ! ça va ? – ça va, merci. – Et le voyage ? – Super. - Et le séjour ? – Pour l’instant, ça va.) ce sont le mêmes questions qui reviennent systématiquement pour les salutations, et encore la chaleur et la transpiration en continu et le besoin de boire tout le temps… Bref, je souhaitais passer une bonne nuit calme.
Que nenni ! Je me retrouve seule le soir dans ma petite chambre à la Maison des Volontaires, les deux autres sont sorties ou allées dormir ailleurs. Il n’y a pas de lampe dans ma chambre ni d’étagère mais deux vélos, et le lit est un lit pliant assez instable (ce n’est pas le cas dans les deux autres chambres mieux aménagées). Je prends ma première douche ici : je remplis le seau à un tonneau puis vais dans la douche où il faut se mouiller grâce à un récipient du genre petit plat en plastique. L’eau fraîche fait beaucoup de bien mais du coup, j’ai enlevé tout l’antimoustique et je dois me précipiter sous ma moustiquaire ! Impossible de dormir alors malgré la fatigue : il y a de nombreux bruits dehors insecte, chiens, musique (c’est bientôt le fin du Ramadan…). Et surtout, j’ai droit à un sympathique petit orage… Vous savez, pas très gros, on a juste l’impression que le toit va s’envoler et qu’il va y avoir une inondation. Et là, on se sent tout petit au fond de son lit et on se demande bien pourquoi on est venu ! Parce qu’en plus jusque là je n’ai ni argent, ni téléphone, ni aucun numéro… Je finis par m’endormir vers les 3h du mat’ avec les boules quiès et complètement trempée de sueur (eh oui, il ne faut pas fermer les volets la nuit ! Comment, vous ne le saviez pas ?).

samedi 13 septembre 2008

Bonjour et bienvenue !


Que vous représentiez une institution politique ou administrative, une association, que vous soyez un ami ou un membre de ma famille, ou toute personne qui aura connaissance de ce lien, je vous propose de partager avec moi mon expérience de mission de solidarité internationale au Burkina-Faso à travers ce blog.
J’ai 25 ans, je réside à Saint Paul de Varces (Isère) et viens de terminer ma formation professionnelle en enseignant un an en tant que professeur de français en collège. Avant de débuter une vie de famille et poursuivre mon engagement dans mon propre pays, je veux contribuer au développement durable d’un pays et d’une population parmi les plus pauvres ainsi qu’approfondir la relation humaine dans une culture différente. Mes diverses expériences liées au développement m’ont donné le goût de la coopération dans la connaissance et le respect de l’autre. J’ai déjà eu l’occasion de partir en voyage de solidarité en Roumanie en août 2002 (construction d’une bibliothèque et animation dans un orphelinat) puis me suis engagée au CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) pour partager ce que j’avais vécu et compléter ma formation dans le domaine de la coopération solidaire. Aujourd’hui, mon départ en mission au Burkina-Faso de septembre 2008 à juin 2009, avec Fondacio et l’APJ, est pour moi l’aboutissement de toutes ces préparations et l’occasion de partir sur le terrain pour un plus long terme afin d’établir une coopération renforcée.
C’est une expérience incroyable que je souhaite partager avec vous. J’essaierai donc, dans la mesure du possible, de tenir ce blog régulièrement à jour des évolutions de ma mission sur place.